Chaque année, on l’observe : l’hiver s’installe, les trottoirs deviennent glissants, les journées raccourcissent… et l’activité physique baisse. Mais est-ce que cela crée un cycle de détérioration de la condition physique chez les aînés?
Voici ce que la science dit et ce que l’expérience de terrain confirme.
L’activité physique diminue chez les aînés l’hiver
Des études montrent que l’activité physique des aînés chute significativement durant l’hiver. Par exemple :
- Le nombre de pas quotidiens et le temps actif des aînés sont réduits lors de la saison de neige comparé à une saison sans neige1.
- L’activité physique, la vitesse de marche et la cadence diminuent en hiver, et la force nécessaire pour maintenir la marche est plus élevée2, 3.
- Les conditions hivernales — neige, glace, vent et froid — constituent des obstacles majeurs à la marche extérieure4.
- Des données objectivées (accéléromètre) montrent que les aînés passent plus de temps assis et moins de temps en activité modérée à vigoureuse en hiver5.
- Cette baisse d’activité peut avoir un effet cumulatif : l’équilibre, la force et la mobilité peuvent se détériorer si elle n’est pas compensée par un programme adapté6, 7.
Ce que la science ne confirme pas
- Il n’y a pas de preuve que tous les aînés perdent leur capacité physique d’hiver en hiver de manière irréversible. En effet, certaines personnes compensent avec des activités intérieures ou adaptent leur rythme, ce qui limite la perte fonctionnelle5, 6.
Les pertes sont possibles… mais pas inévitables ni irréversible. On manque simplement d’études longitudinales qui suivent la même cohorte d’aînés pendant plusieurs hivers pour analyser les effets de la sédentarité répétée d’hiver en hiver, et le déconditionnement qui peut s’en suivre et perdurer.
Sur le terrain : ce que j’observe
Même si la science reste prudente, la pratique clinique montre souvent :
- moins de sorties → moins de pas → moins de stimulation
- plus de temps assis → plus de raideur
- moins de défis d’équilibre → plus de sentiment d’insécurité
- La baisse de mobilité n’est pas seulement physique : la motivation et la confiance jouent un rôle énorme.
Au retour du printemps, ceux qui ont gardé davantage de mouvement repartent plus vite et sont demeurés en meilleure forme.
Ceux qui ont trop cessé de bouger vivent une reprise plus lente.
L’hiver devient donc une période cruciale pour préserver les acquis.
L’hiver : un moment où la prévention devient essentielle
Plutôt que voir l’hiver comme un ennemi…
Je le vois comme un cycle.
Un cycle qui peut affaiblir si on le subit, mais qu’on peut accompagner si on le traverse en conscience.
L’hiver est le moment idéal pour :
- renforcer le corps doucement,
- préserver la mobilité,
- soutenir l’équilibre,
- maintenir la confiance dans ses capacités.
Chaque mouvement compte.
Mon grain de sel : honorer nos cycles
L’humain fonctionne en cycles. L’hiver influence notre corps, mais ne nous définit pas.
Dans mon approche en kinésiologie, j’aime dire :
Conscience. Mouvement. Évolution.
- Conscience : reconnaître que l’hiver change notre façon de bouger.
- Mouvement : choisir des actions réalistes et sécuritaires.
- Évolution : sortir de l’hiver avec un corps prêt à accueillir le printemps… pas à courir après notre forme.
En conclusion
Oui, l’hiver peut fragiliser la condition physique, particulièrement celle des aînés.
Non, ce n’est pas inévitable.
Avec une approche adaptée, bienveillante et progressive, on peut éviter que l’hiver devienne chaque année une marche vers le déclin et plutôt en faire une transition vers un printemps plus solide.
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- Ogawa, S., Seko, T., Ito, T., & Mori, M. (2019). Differences in physical activity between seasons with and without snowfall among elderly individuals residing in areas that receive snowfall. Journal of Physical Therapy Science, 31(1), 12‑16. PDF ↩
- Kimura, T., Kobayashi, H., Nakayama, E., & Kakihana, W. (2015). Seasonality in physical activity and walking of healthy older adults. Journal of Physiological Anthropology, 34(1), 15. Springer ↩
- Hasegawa, J., Suzuki, H., & Yamauchi, T. (2018). Impact of season on the association between muscle strength/volume and physical activity among community‑dwelling elderly people living in snowy‑cold regions. Journal of Physiological Anthropology, 37, 25. Springer ↩
- LeBlanc, A., Hirsch, J., Melendez, R., Winters, M., Gould, J., & Ashe, M. (2023). Factors Associated with Outdoor Winter Walking in Older Adults: A Scoping Review. Canadian Journal on Aging, 42(2). Cambridge ↩
- Arnardottir, N. Y., Oskarsdottir, N. D., Brychta, R. J., Koster, A., Van Domelen, D. R., Caserotti, P., et al. (2017). Comparison of Summer and Winter Objectively Measured Physical Activity and Sedentary Behavior in Older Adults: Age, Gene/Environment Susceptibility Reykjavik Study. International Journal of Environmental Research and Public Health, 14(10), 1268. MDPI ↩
- Mizumoto, A., Ihira, H., Makino, K., Saitoh, S., Ohnishi, H., & Furuna, T. (2015). Physical activity changes in the winter in older persons living in northern Japan: a prospective study. BMC Geriatrics, 15, 134. BMC ↩
- Merchant, A. T., Dehghan, M., & Akhtar‑Danesh, N. (2007). Seasonal variation in leisure-time physical activity among Canadians. Canadian Journal of Public Health, 98(3), 203‑208. https://doi.org/10.1007/BF03403713 ↩